Brève de voyage : Julie à Salvador de Bahia

J’ai eu plus d’un mois pour me préparer psychologiquement à mon arrivée.
Et pourtant, rien autour de moi ne me semble réel.
Je vis dans un rêve, sauf que j’ai les yeux grands ouverts.

Après 15 heures de voyage, je pose les yeux sur la ville pour la première fois. Les buildings de la baie Salvador pointent à travers les nuages et l’excitation monte au fur et à mesure que l’avion entame sa descente vers le sol brésilien. J’observe mon nouveau pays comme à l’extérieur de moi-même, exténuée mais heureuse, terrifiée mais impatiente.

En sortant de l’aéroport, je découvre un nouveau monde, un joyeux bordel. Dès les premières heures, mes sens sont émerveillés et agressés à la fois : le portugais chantant et exotique, les premières discussions en dehors du décor rassurant d’une salle de classe, la musique partout, tout le temps, des couleurs éclatantes, la chaleur, des gens en tongs, les bus bondés, les bouchons sans fin, la nourriture cuite dans la friture, les feijão et le riz à l’odeur si distinctive qu’elle couvre presque celle de l’océan jamais très loin. La bienveillance des brésiliens et l’insécurité permanente.

Je tombe de fatigue. C’est donc tout naturellement (ou non) que lorsque ma soeur d’accueil me propose d’aller à un concert de rue, j’accepte avec enthousiasme.

Je danse, je ris, je bois.

Elle porte un tatouage sur le bras: Gratidão (ou gratitude, en français), le seul mot dont j’ai vraiment besoin pour décrire mon expérience.

La religion à chaque coin de rue

Le Brésil est un pays de croyances et de pratiques religieuses. Il y a au grand minimum un lieu de culte dans chaque quartier. Certains sont simples et discrets, d’autres ressemblent à s’y méprendre à des centres commerciaux : gigantesques et impressionnants!

La Basìlica do senhor do Bomfim est très fréquentée par une communauté dévouée et pieuse. Si bien qu’une partie assiste au service dehors sur une petite télévision. L’église est entourée par des barreaux, les passants y accrochent des bouts de tissus aux couleurs éclatantes.

Chacun symbolise un voeu, un souhait… L’espoir.

Changer de pays

C’est s’adapter à un autre rythme de vie. Surtout lorsqu’on veut s’intégrer dans la vie quotidienne et pas seulement, jouer au touriste. Ici, la majorité des personnes se déplacent en tongs, les bus passent quand et s’ils veulent. Le trafic provoque des files interminables. Et puis sincèrement, il fait trop chaud pour se dépêcher.

On m’a même crié une fois dessus en me priant de me calmer parce que je courrais pour attraper mon bus…
Je suis arrivée en retard.

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Ma première rencontre brésilienne

La première personne que j’ai rencontrée est Dudo (Edouardo) qui m’a emmenée de l’aéroport à mon nouveau chez moi.  Difficile de faire la timide quand tu es coincée dans les bouchons pendant deux heures.

Depuis, je n’ai pas arrêté de découvrir, à travers les rencontres, les traits culturels, les expressions typiques … Et de réapprendre une façon différente de faire des choses simples telles que : s’excuser,  demander un service,  faire de l’humour ou saluer bêtement un ami, les collègues ou encore, un inconnu.

Je ne vais pas vous balancer une généralité comme : tous les brésiliens sont gentils et chaleureux.  Tout ce que je peux vous dire est que j’ai beaucoup de chances de connaître des personnes fabuleuses et de pouvoir en appeler quelques unes des amis.

L’attitude des gens vis-à-vis de la vie

Se plaindre est un peu devenu le sport national en Belgique pratiqué par des millions de personnes. Mais pas ici.

La tradition est d’applaudir quand le soleil se couche sur la Baie de Salvador pour dire “merci”. Merci pour une autre journée, merci pour tout. Les pauvres, les riches, les enfants, les vieux, tout le monde se rassemble pour contempler le crépuscule et ses couleurs spectaculaires.

Là-bas

J’ai la tête dans les nuages, l’esprit qui vagabonde au gré de mes pensées. Mes capacités d’attention sont limitées et mon intérêt rarement retenu. J’ai besoin d’air. Ici, les couleurs hurlent, tu comprends ? Les odeurs frappent et tu te relèves changé. Les paysages que tu découvres, les âmes que tu croises, rien ni personne ne demande la permission. Elles t’en foutent plein les yeux, se gravent dans ta tête pour y rester à jamais.

J’ai la tête dans les nuages, l’esprit qui vagabonde et le cœur grand ouvert. Je respire.

Vous connaissez ce sentiment quand vous débarquez à l’étranger et que vous réalisez que tout ce qui vous semblait simple, normal ou même acquis n’est qu’une illusion maintenue dans une zone géographique déterminée.

C’est quand on est loin de chez soi qu’on réalise les petites choses qui se perdent dans la routine et dont on oublie l’importance. Voyager c’est aussi (re)découvrir les petits bonheurs journaliers et leur rendre toute leur valeur.

Atravessar fronteiras era um desejo meu desde menina, incluindo as fronteiras mentais, não apenas as geográficas. Conhecer, descobrir, avançar, aprender: verbos que de certa forma me definem, todos relacionados com o exercício da liberdade.

Textes : Julie Marchand
Edition & mise en page : Cerise Laby

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